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Le photocopillage des livres : fléau « autorisé »?

Dans les rues kinoises, comme ça doit aussi l’être dans d’autres grandes villes africaines, il s’est implanté un phénomène qui prend de plus en plus de l’ampleur : le photocopillage. La vente des ouvrages piratés, pas seulement photocopiés. L’exemple la plus frappante dans la capitale congolaise c’est l’avenue du Commerce à la Gombe, juste devant la librairie des Filles de Saint Paul se déploie un vrai marché des livres contrefaits, dont la plupart sont calqués sur les modèles ou titres vendus chez les bonnes Sœurs. Et, là encore, il faut signaler que plus d’une fois des regroupements des éditeurs affectés par ce fléau Médiaspaul, Filles de de Saint Paul, éditions Loyola, New Scolot Editions avaient saisi les autorités compétentes, mais, triste est de constaté qu’aucune mesure idoine n’a suivi.

Le fait commence même à se greffer dans la normalité quotidienne où des revendeurs ambulants des livres sillonnent les débits des boissons, investissent les embouteillages pour proposer leur camelote à qui mieux-mieux.

Mais tout le monde semble connaître où se boutique ce trafic : dans les quartiers chauds de Kinshasa où pullulent des imprimeurs artisanaux. Ils scannent les ouvrages et les reconfigurent dans leurs presses à imprimer et le tour est joué. Les ouvrages les plus prisés sont les scolaires, et les rapports des experts l’atteste, le marché des livres pédagogiques est secteur générateur des revenus. Dans ce lot même les grands classiques occidentaux n’y échappent pas : Précis de grammaire française (de Maurice Grevisse), Bescherelles, etc. En deuxième position de ce macabre hit-parade arrive, ensuite quelques autres ouvrages pratiques. Mais presque pas d’ouvrage de fiction.  Paradoxalement, ce constat peut aussi servir pour avoir une idée on ne peut plus nette sur la demande ambiante en matière des livres.

En survivrai-t-on ?

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